Autrefois les anciens vouaient une adoration toute particulière au soleil, objet d'un culte que lui manifestèrent de nombreuses civilisations. L'homme voua au feu un culte tout aussi important à l'honorer et à le fêter, entre autre, quand l'astre atteint sa plus grande et sa plus petite déclinaison. C’est au solstice d’été que des fêtes païennes célèbrent la journée la plus longue par le feu.
A l'instauration du Christianisme nombre de ces feux sont devenues des fêtes religieuses et perdirent l'appellation du solstice, la Saint Jean naquit en 506 de notre ère.
Les catholiques célébraient la naissance de Saint-Jean le Baptiste, appelé ainsi parce qu'il a baptisé le Christ, événement qui a marqué le début de sa vie publique. De ce fait, Jean le Baptiste est devenu le précurseur du Christ qu'on reconnaît comme étant «la lumière du monde», d'où vient également le rapport entre le solstice et le feu de joie.
La conscription a été votée en 1798. Cette loi dit que tout français est soldat et se doit à la défense de la patrie. Des tirages au sort désignent donc des jeunes de 20 à 25 ans pour le service militaire qui durait au minimum 5ans. En 1905 le tirage au sort est enfin supprimé, le service militaire est devenu obligatoire pour tous les citoyens mâles. Beaucoup de traditions sont liées à la conscription, particulièrement en Alsace. Après la suppression du service militaire en 1996, certains se demandent si les conscrits ont encore lieu d’être.
Dans la vallée de Saint-Amarin la tradition des conscrits ainsi que celle du feu de la Saint Jean est maintenue. Les conscrits sont en général les jeunes ayant 18 ans dans l’année. Ils construisent un bûcher en troncs de sapin d’une quinzaine de mètres de haut et de base d’environ 4 mètres. Quelques semaines avant la fête de la crémation, les conscrits quêtent dans le village afin d’amener les fonds nécessaires à la préparation de la soirée et à l’achat du feu d’artifice.
La fête se tient le samedi soir le plus proche du solstice d'été. A la tombée de la nuit, les pré-conscrits (17 ans) allument leur petit bûcher, annonçant au village le début des festivités. Suit ensuite un autre spectacle, celui des feux d'artifices qui illuminent la nuit et réjouissent les nombreux spectateurs. Les conscrits approchent des torches enflammées et allument le "grand Bûcher " qui s'embrase dans la nuit noire.